Phytoestrogènes
Comment réguler votre santé féminine
Ils ressemblent par leur structure à l'hormone œstrogène produite par l'organisme et sont donc considérés comme une alternative naturelle à l'hormonothérapie pour les troubles de la ménopause, le syndrome prémenstruel (SPM) et d'autres affections : les phytoestrogènes. Que sont‑ils exactement et comment en tirer parti ?
Que sont les phytoestrogènes ?
Le terme phytoestrogènes combine le mot grec « phyto » pour « plante » et « estrogen » pour « oestrogène ». L'œstrogène est une hormone importante qui, chez la femme, régule le cycle menstruel et influence la fertilité. En petites quantités, il est également produit chez l'homme, où il joue un rôle dans le métabolisme osseux et lipidique, la santé de la prostate et des vaisseaux, ainsi que la fertilité. Les phytoestrogènes constituent un groupe diversifié de composés végétaux dont la structure chimique ressemble à celle de l'hormone sexuelle 17‑beta‑œstradiol, un représentant particulièrement actif des œstrogènes endogènes.
Chez la plante, les phytoestrogènes remplissent de nombreuses fonctions : ils agissent comme des agents de défense contre les agents pathogènes et sont essentiels à la croissance et au développement de la plante. Ils servent également de signaux importants pour la communication entre plantes et micro‑organismes bénéfiques ainsi que pour les échanges d'information entre différentes plantes. La teneur en phytoestrogènes augmente dans les plantes soumises à des conditions défavorables, par exemple en cas de sécheresse intense, de froid, d'attaques de ravageurs ou de blessures.
Quels sont les produits contenant des phytoestrogènes que vous intégrez aujourd'hui dans votre alimentation ?
Produits à base de soja comme le tofu
Légumineuses comme les lentilles et les pois chiches
Graines de lin et de chia
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Quelles sont les principales familles de phytoestrogènes ?
Les phytoestrogènes se répartissent en deux grandes familles : les flavonoïdes (comme les isoflavones, les coumestanes, les prénylflavonoïdes) et les non‑flavonoïdes (comme les lignanes et le resvératrol). Les isoflavones, présentes en particulier dans le soja et les produits à base de soja, font l'objet de nombreuses recherches. La teneur en phytoestrogènes des plantes peut être influencée par des facteurs environnementaux tels que la sécheresse, le froid ou les infestations d'insectes.
Qu'est‑ce qui influence l'effet des phytoestrogènes dans l'organisme ?
Il est possible que deux personnes consommant exactement la même quantité de phytoestrogènes présentent néanmoins des quantités différentes de métabolites actifs de ces composés dans le sang. La flore intestinale joue ici un rôle crucial : elle transforme les phytoestrogènes en substances, appelées métabolites, qui sont mieux assimilables par l'humain. Une consommation régulière d'aliments riches en isoflavones peut favoriser la prolifération de bactéries intestinales capables de dégrader ces composés — si ces types bactériens sont présents dans l'intestin.
Les phytoestrogènes peuvent se lier aux récepteurs œstrogéniques de l'organisme. Ces récepteurs se trouvent par exemple dans les organes sexuels, le tissu osseux et le cytoplasme de certaines cellules. Le mécanisme suit le principe clé‑serrure : les œstrogènes ou phytoestrogènes traversent d'abord la membrane cellulaire, puis se lient au récepteur œstrogénique dans le cytoplasme.
Après cette liaison, les phytoestrogènes peuvent soit inhiber (effet anti‑œstrogénique), soit activer (effet œstrogénique) les récepteurs œstrogéniques. Par ce mécanisme, ces composés influencent les signaux biologiques contrôlés par les œstrogènes. L'effet dépend notamment de la quantité d'œstrogènes endogènes présents au moment de la liaison. Les œstrogènes produits par l'organisme se lient beaucoup plus fortement aux récepteurs que les phytoestrogènes, entraînant un effet œstrogénique plus marqué.
En cas de taux d'œstrogènes élevé, les phytoestrogènes entrent en compétition avec les œstrogènes endogènes pour les sites de liaison des récepteurs. L'effet œstrogénique reste présent, mais il est nettement plus faible que lorsque l'œstrogène endogène se fixe à la cellule. Ainsi, l'effet des œstrogènes endogènes est diminué, ce qui conduit à une action anti‑œstrogénique. À l'inverse, les phytoestrogènes présentent une action œstrogénique lorsque le taux d'œstrogènes est bas, par exemple durant la ménopause.
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- Pour ingérer quotidiennement 500 mg de resvératrol, il faudrait soit boire 185 litres de vin rouge (qui contient seulement 0.27 mg pour 100 ml), soit manger 17 kg de canneberges (qui contiennent 3 mg pour 100 g). Ces quantités sont irréalistes.
- Dans l'alimentation asiatique traditionnelle, les personnes consommeraient chaque jour environ 70 à 150 grammes de soja ou de produits à base de soja, selon les chercheurs. Cela correspond à environ 30 à 60 milligrammes d'isoflavones par jour. En comparaison, l'apport moyen quotidien d'isoflavones dans l'alimentation occidentale, telle qu'en Europe, n'est que d'environ 2.5 milligrammes.
- Chez certains hommes qui boivent régulièrement de la bière et sont en surpoids, une hypertrophie mammaire (gynécomastie) peut survenir. Cela s'explique par la capacité des cellules adipeuses à convertir des androgènes masculins en œstrogènes féminins. Chez les buveurs de bière, cet effet peut être amplifié, entraînant une augmentation du taux d'œstrogènes. Il est donc établi que la consommation régulière de bière peut modifier le profil hormonal et provoquer des changements corporels.
Les phytoestrogènes peuvent‑ils influencer le risque de cancer ?
La question de savoir si les phytoestrogènes perturbent le système hormonal, augmentent le risque de cancer du sein ou entraînent une féminisation chez l'homme reste débattue. Des études ont mis en évidence divers mécanismes par lesquels les isoflavones du soja peuvent protéger contre le cancer. Par exemple, la consommation de produits à base de soja peut activer certaines cellules immunitaires, appelées lymphocytes T cytotoxiques, capables de reconnaître et détruire des cellules cancéreuses. Les phytoestrogènes favorisent aussi l'apoptose des cellules tumorales, réduisent le risque de métastases et atténuent les effets secondaires des radiothérapies et chimiothérapies.
Il existe des indications selon lesquelles le soja pourrait être bénéfique non seulement pour le cancer du sein, mais aussi pour d'autres types de cancer. De nombreuses études concernant le cancer de la prostate montrent que la consommation de soja peut prévenir l'apparition du cancer prostatique et ralentir sa progression. La consommation régulière de produits à base de soja, comme le tofu, est en général sans danger pour les hommes et ne conduit pas à une féminisation. Au contraire, il existe de nombreuses preuves d'effets positifs sur la santé de la prostate.
L'effet promoteur ou protecteur des isoflavones contre le cancer dépend fortement de leur forme. Dans les produits à base de soja intégral tels que le tofu, le lait de soja ou le tempeh, les isoflavones agissent en synergie avec d'autres composés végétaux et exercent plusieurs effets anticancéreux. Même dans les cancers du sein dépendants des œstrogènes, une consommation modérée de tels produits intégralement à base de soja montre des effets protecteurs. En revanche, des isoflavones prises en tant que compléments alimentaires à forte concentration peuvent activer des gènes pro‑cancer et doivent donc être utilisées avec prudence.
Quel est l'effet des phytoestrogènes sur les symptômes de la ménopause et le système cardiovasculaire ?
La consommation d'aliments contenant des phytoestrogènes peut également soulager les symptômes de la ménopause tels que les bouffées de chaleur et la sécheresse vaginale. Des études chez des femmes âgées d'environ 30 à 60 ans ont montré que la prise d'isoflavones de soja augmente l'élasticité de la peau et réduit la profondeur des rides.
Plusieurs études ont montré que la consommation quotidienne de protéines de soja diminue le LDL‑cholestérol, considéré comme néfaste pour le cœur et les vaisseaux, tout en augmentant le HDL‑cholestérol, considéré comme « sain ».
- Les phytoestrogènes se trouvent dans plus de 300 plantes, notamment le trèfle rouge, le houblon, le rhapontic rhubarbe, la sauge et la racine de réglisse. Ces plantes médicinales peuvent être utilisées en infusion, teinture ou extrait.
- Le soja et les produits à base de soja contiennent de fortes quantités d'isoflavones, avec des teneurs dans les graines et produits entre 47 et 142 mg pour 100 g de produit frais. En comparaison, les teneurs en isoflavones de divers légumes vont de 0.002 à 0.575 mg pour 100 g. Il y a donc de bonnes raisons d'intégrer les produits à base de soja dans l'alimentation. Lors de l'achat, privilégiez des produits de qualité biologique pour éviter des soja contaminés par le glyphosate.
- Les lignanes sont, après les isoflavones, le deuxième groupe de phytoestrogènes le plus important dans notre alimentation. Ils sont présents dans de nombreuses plantes, mais en quantités généralement faibles. Les graines de sésame sont une source riche avec des teneurs de 405 à 1178 mg pour 100 g de matière fraîche. Les graines de lin présentent également des teneurs élevées (379.4 mg pour 100 g) et les graines de courge 265 mg pour 100 g. Dans les noix, les teneurs varient jusqu'à 0.198 mg pour 100 g, tandis qu'elles sont souvent encore plus faibles dans les légumineuses, les fruits, les légumes et les céréales.
- Les prénylflavonoïdes sont rares dans notre alimentation. Le houblon est une source riche de ces phytoestrogènes, présents aussi dans certaines bières. La teneur en prénylflavonoïdes varie selon les bières entre 0 et 0.95 mg pour 100 ml. La bière sans alcool n'en contient qu'environ 0.02 mg pour 100 ml.
- Le resvératrol est un phytoestrogène surtout connu à partir du vin rouge. Une dose efficace de resvératrol se situe autour de 500 à 1500 mg par jour. De telles quantités sont difficilement atteignables par l'alimentation normale. Il est donc recommandé de prendre du resvératrol sous forme de complément alimentaire si l'on souhaite bénéficier de ses effets potentiels sur la santé.
- Le chou‑fleur, le brocoli, les choux de Bruxelles, le chou‑rave et le chou frisé sont riches en phytoestrogènes. Ils contiennent aussi de nombreuses vitamines et minéraux importants pour l'équilibre hormonal. Les crucifères devraient donc être consommés quotidiennement.
- Les fruits secs contiennent également des phytoestrogènes. Les teneurs les plus élevées se trouvent dans les abricots secs (445 μg / 100 g), les dattes (330 μg / 100 g), les prunes (184 μg / 100 g) et les raisins secs (30 μg / 100 g). Les fruits secs doivent toutefois être consommés avec modération en raison de leur teneur élevée en sucres.
- Les baies sont de véritables concentrés de forces, riches en antioxydants, fibres et phytoestrogènes. Cela vaut particulièrement pour les fruits rouges comme les fraises, les airelles, les canneberges et les framboises. Même hors saison, vous pouvez les acheter surgelés et les consommer sans crainte.
- Pour les femmes en bonne santé postménopausées et périménopausées, les dosages de compléments considérés comme suffisamment sûrs sont les suivants : jusqu'à 100 mg/j d'isoflavones de soja pour une durée maximale de dix mois, jusqu'à 43.5 mg/j d'isoflavones de trèfle rouge pour une durée maximale de trois mois. Il reste toutefois recommandé de privilégier les phytoestrogènes sous forme d'aliments végétaux et d'utiliser des préparations d'isoflavones uniquement après avis médical.
Dans un aliment complet, les phytoestrogènes déploient pleinement leur effet en se combinant à de nombreux autres composés végétaux. Il en résulte une synergie puissante, qui s'est révélée très utile dans divers tableaux cliniques.
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